Vers une Banque centrale nationalisée
L'année 1936, avec l'avènement du gouvernement de Front Populaire, conduisit à une réforme des statuts de la Banque de France. L'accès à l'Assemblée générale de la banque n'est plus réservé aux seuls deux cents actionnaires les plus importants, les "deux cents familles" souvent vilipendées. Surtout le rôle de cette Assemblée est réduit tandis que les pouvoirs publics se voient dotés de moyens d'intervention plus directs dans la gestion de la Banque.

La réforme de 1936 n'est qu'un prélude à la nationalisation. Celle-ci intervient après la Libération, avec la loi du 2 décembre 1945.
Si les réformes de 1936 et de 1945 ont retiré aux intérêts privés toute part dans la gestion de l'Institut d'émission et renforcé le contrôle de l'État, elles n'ont pas pour autant diminué le rôle du gouverneur vis-à-vis des pouvoirs publics ni réduit l'autonomie de gestion reconnue à la Banque. Selon le mot de Wilfrid Baumgartner, gouverneur de 1949 à 1960, "la Banque de France est une vieille dame et les vieilles dames ne se laissent pas aisément séduire".

 

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On ne trouve guère dans les billets mis en circulation par la Banque de France à cette époque, la trace de la réforme qui l'affecte. Seul est à noter le changement du titre de Caissier Principal en Caissier Général. A ce détail près, les billets créés après 1936 demeurent dans le prolongement direct des productions antérieures dont les types sont parfois anciens, tels le billet de 500 francs bleu et rose type 1888 ou le 100 francs dessiné par L.O. Merson (premier billet polychrome français).
Le premier billet, au dessin totalement nouveau, émis après la réforme (5000 francs "Victoire") est en fait une création de 1934 qui s'inscrit dans le cadre des figures allégoriques qui ornent les billets de la période. Si ce billet présente un caractère novateur, c'est essentiellement sur le plan technique puisqu'il inaugure la pratique de la gravure en taille-douce pour des billets.


5000 francs "Victoire" - type 1934 modifié
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En 1973, une réforme des statuts, rendue nécessaire par l'évolution du rôle de la Banque, permettra un assouplissement de la réglementation des opérations, les nouveaux textes posant des principes en laissant au Conseil général de la banque le soin de décider des modalités d'application.
C'est avec la loi du 4 août 1993 qu'un tournant décisif sera pris dans l'histoire de la Banque. Ce texte traduit la volonté de doter l'Institut d'émission d'un statut d'indépendance. Une telle indépendance doit être garante de la continuité et de la permanence de l'action de la politique monétaire, dégagée des préoccupations de court terme. Cette conception a d'ailleurs été retenue dans le processus d'union monétaire européenne. L'indépendance des Banques centrales est une condition juridique inscrite dans le traité de Maastricht. Elle est encore renforcée par la loi du 12 mai 1998 qui adapte le statut de la Banque pour tenir compte de son intégration dans le Système européen de banques centrales.