On doit à un orfèvre allemand,
Marx Schwab, l'invention de la frappe au balancier, vers 1550.
C'est Henri II (1547-1559) qui impose en France cette nouvelle technique, en même temps qu'il fait importer de nouvelles machines (laminoir, découpoir) pour la préparation des flans. Huit à douze hommes se relaient tous les quarts d'heure pour manœuvrer les bras entraînant la vis qui frappe les médailles.
Les
balanciers d'Austerlitz
En 1805, Gaudin, duc de Gaète,
demande à Napoléon vingt canons pour fabriquer des presses à balancier. Il
relate la scène dans ses Mémoires :
Vingt canons ! et pour quel usage ? Est-ce que vous auriez, ajouta l'Empereur en souriant, l'envie de me faire la guerre ?
- Oh ! assurément, non, lui dis-je ; la partie ne serait pas égale ; je voudrais seulement généraliser l'usage du nouveau balancier qui nous réussit si bien, ici, et dont Votre Majesté connaît les avantages. Il est, comme elle le sait, tout de cuivre et mon budget n'est pas assez riche pour supporter cette dépense. Toute difficulté disparaîtrait si Votre Majesté voulait bien accueillir ma prière.
- Eh ! mais,ministre ! Vingt canons, c'est beaucoup !
- J'estime qu'il ne m'en faudra pas moins. Mon projet, continuai-je, est d'appeler mes nouveaux balanciers des Austerlitz et de les ceindre d'un collier sur lequel on lira : "Cuivre pris à Austerlitz sur l'ennemi !"
- Ah ! me dit l'Empereur du ton le plus aimable, vous me prenez par la vanité ! Eh bien, vous aurez vos canons.
Le duc de Gaète obtint ses canons et des balanciers d'Austerlitz ont été utilisés jusqu'à nos jours pour la fabrication de certains outils de frappe monétaire (coins).

Enfonçage
du coin sur le balancier d'Austerlitz