Monnaies
de nécessité de la première guerre mondiale
Conservées
par les particuliers ou réquisitionnées par l'Etat, les monnaies
métalliques ne tardèrent pas à manquer durant la première
guerre mondiale. Pour faire face à cette disparition qui menaçait
de paralyser les échanges quotidiens, des monnaies, dites de nécessité,
furent mises en circulation par des commerçants, des municipalités
ou des chambres de commerce. De faibles valeurs faciales, ces pièces
présentent une grande diversité de types et sont fabriquées
dans des matériaux variés : aluminium, laiton, fer ou même
carton.

10
c. Chambre de Commerce d'Alger, 1916
Parmi
les expériences originales nées de la première guerre mondiale,
des monnaies-timbres furent réalisées en insérant un timbre-poste
neuf entre une plaque d'aluminium et une plaque de mica transparent. La face
d'aluminium de ces monnaies porte une inscription à caractère
publicitaire. Le brevet de fabrication (FYP pour "Fallait Y Penser")
est daté du 19 mars 1920. La fabrication semble avoir duré trois
années environ. Jamais reconnues par l'administration et mises en circulation
à l'instigation de firmes privées, les monnaies-timbres constituaient
un moyen publicitaire en même temps qu'une monnaie de substitution.
Cette idée d'utiliser la monnaie comme support publicitaire a resurgi
dans les années 1960 lorsqu'une agence de publicité du sud-ouest
de la France créa des autocollants publicitaires destinés à
être apposés sur la face des pièces. Cette pratique fut
rapidement interdite.

L'utilisation
de ces monnaies de substitution se poursuivit après la guerre. Une mention
particulière peut-être faite à cet endroit des pièces
des Chambres de Commerce et d'Industrie, marquées "bon pour 1 franc"
et "bon pour 2 francs" créées en 1921 qui ne furent
démonétisées qu'en 1949.
monnaie-timbre
10c.
Crédit Lyonnais
5c.
en carton,
Union commerciale de Brive, 1917
10
c. Chambre de Commerce de l'Hérault
10
c. Société des commerçants de Royan, 1923
5c.
épicerie Dalidet
à Cognac,
1922