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Illustration complémentaire
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En 1926, le nouveau gouverneur
de la Banque de France, Emile Moreau écrit : "Personne ne veut
plus de billets. C'est un sauve-qui-peut général. Il n'y a plus
une minute à perdre. Si l'on veut encore sauver le franc, il faut,
à bref délai, renverser la situation psychologique du pays".
L'arrivée au ministère des Finances de l'ancien Président
du Conseil, Raymond Poincaré, va permettre ce renversement. La contre-attaque
s'organise. Un vif débat oppose alors les revalorisateurs, qui
veulent un retour au franc d'avant-guerre, aux stabilisateurs, qui
jugent un tel retour dangereux pour l'économie. Après 18 mois
de bataille interne, la stabilisation l'emporte.
Le 25 juin 1928, le franc Poincaré est officiellement défini à 65,5 milligrammes d'or au titre de 900 millièmes. Comparé au franc germinal la dévaluation approche les 80% : c'est "le franc à quatre sous".
Conséquence de cette réforme, on procède au retrait des monnaies d'or et d'argent. La Semeuse de Roty disparaît ; il faudra attendre le Nouveau Franc pour son retour et la réapparition d'une pièce d'argent dans la circulation.
Sous certains aspects, la monnaie française semble avoir relativement bien traversé la Grande Guerre. Entre 1914 et la fin 1918, le franc a perdu moins de 5% de sa valeur vis-à-vis du dollar et de la livre et les réserves or de la Banque de France se sont accrues d'un milliard de francs. Mais les apparences sont trompeuses. Une forte hausse de prix a érodé le pouvoir d'achat de la monnaie et le pays n'a jamais été aussi lourdement endetté. Dès 1919, la solidarité financière qui s'était établie entre les alliés cesse et il devient clair que la France ne bénéficiera d'aucune remise sur ses dettes de guerre. L'illusion que "l'Allemagne paiera" dispense des sacrifices nécessaires à un assainissement des finances publiques. Mais la mauvaise volonté allemande à payer puis l'effondrement du mark montrent vite la vanité d'un tel espoir.
Les attaques contre le franc se multiplient. Dans la tourmente, l'Union latine est officiellement dissoute le 31 décembre 1926. Même la Banque de France est atteinte, accusée d'avoir triché dans l'établissement de ses bilans pour masquer le dépassement du plafond légal de la circulation monétaire.

Signe physique de la réforme,
le poids de cette monnaie, gravée par Lucien Bazor, est proche de celui
des anciennes pièces de 20 francs or.
Bien qu'elle ait été créée par la loi du 25 juin
1928, cette monnaie ne fut pas frappée en quantité significative
avant 1935 et elle fut retirée en septembre 1936 sans avoir jamais
été mise en circulation.
Le sort de cette monnaie est sans doute révélateur du destin du franc Poincaré. Avec lui, la situation monétaire de la France est redressée..., mais pas pour longtemps...