L'extension du monopole d'émission des billets
Le privilège d'émission accordé à la Banque de France en 1803 et prorogé en 1806 fut progressivement étendu aux villes où elle avait installé des comptoirs d'escompte. En 1848, il fut généralisé à l'ensemble du pays.

 

Jusqu'à cette date, la Banque de France devait être en mesure d'assurer le remboursement à vue, en espèces métalliques, de ses billets qui pouvaient ne pas être acceptés en paiement. Les troubles de 1848 conduisirent à l'institution du "cours forcé" qui dispensait la Banque de l'obligation de remboursement de ses billets. On institua aussi le "cours légal", c'est-à-dire l'obligation pour les particuliers et les caisses publiques d'accepter les billets en paiement. Ces deux dispositions furent supprimées en 1850 puis remises en vigueur en 1870. Depuis cette date le cours légal n'a plus été remis en cause. Le cours forcé fut abandonné ou rétabli au gré de l'évolution de la situation financière du pays.

Billet de 100 francs, 1848
Ce billet est le premier à ne pas porter la mention
« Payable à vue, au porteur »
© Banque de France

 

 

Parallèlement à l'évolution du statut de ses billets, la Banque développe son implantation sur l'ensemble du territoire. Alors que la province ne comptait que 15 comptoirs en 1848, leur nombre s'élève à 160 en 1900 et 259 en 1928.

L'évolution de la place du billet dans les moyens de paiement se traduit aussi au cours du XIXème siècle par une diminution de leur valeur faciale. Cette évolution permet de pallier la pénurie de numéraire due aux conséquences de la guerre de 1870 et à la spéculation sur les monnaies métalliques (déboires du bimétallisme). Elle devait en outre protéger le privilège d'émission de la Banque de France face à l'impression de "billets de nécessité" par des sociétés privées, des municipalités ou des chambres de commerce.

 

 


Billet de 5 francs
type 1871
© Banque de France

 

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