Les difficultés du bimétallisme et l'Union latine
La seconde moitié du XIXème siècle va se révéler funeste au système bimétalliste. Les premières difficultés résultent d'une dépréciation de l'or sur le marché à la suite de l'entrée en production des gisements aurifères californiens et australiens. L'argent métal vaut plus sur le marché mondial que l'argent monnayé des pays bimétallistes. Thésaurisé, ou fondu pour être exporté, le numéraire argent se raréfie dans la circulation.

 

Après quelques tentatives de réponse en ordre dispersé, la France, l'Italie, la Belgique et la Suisse créent, en 1865, l'Union latine, première forme d'union monétaire entre des pays européens. Au terme de l'accord, les pièces d'or et les pièces d'argent de 5 francs restent inchangées ; les autres pièces d'argent sont transformées en monnaies divisionnaires, avec un titre réduit (835 millièmes au lieu de 900) et un pouvoir libératoire limité.
Napoléon III souhaite étendre l'union et propose la tenue d'une conférence, en marge de l'Exposition universelle de 1867, pour "réaliser l'unification monétaire internationale". La conférence a lieu mais n'est suivie d'aucun résultat concret. Seule, la Grèce rejoint l'Union latine en 1868.

A partir des années 1870, les attaques spéculatives auxquelles est confronté le système bimétalliste s'inversent. La production d'argent est en pleine expansion et la valeur du métal diminue. Avec une quantité de ce métal payée 16 francs, on peut faire frapper quatre pièces de 5 francs et les échanger contre une pièce d'or de 20 francs. Les pays de l'Union latine sont envahis de pièces d'argent dévaluées et voient fondre leur encaisse or.


5 francs, France
1866
© www.cgb.fr


5 lires, Italie
1876


5 francs, Suisse
1850
© www.cgb.fr


5 francs, Belgique
1873

 

 

 

Même si l'on continue à définir officiellement les monnaies en or et en argent, le bimétallisme devient de plus en plus boiteux. La frappe libre de l'argent est supprimée en France en 1876 et dans l'ensemble de l'Union latine en 1878. La Banque de France réduit progressivement ses réserves en argent au profit de l'or. Le monométallisme or s'impose peu à peu et, même s'il faut attendre 1928 pour voir l'abrogation officielle du bimétallisme, la monnaie de référence de la Belle Epoque n'est plus la pièce de 5 francs en argent mais le napoléon de 20 francs en or, encore appelé louis.

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