La seconde guerre mondiale
La dévaluation de 1938 et le plan d'accompagnement mis en place sous l'égide du Ministre de Finances, Paul Reynaud, ont tout juste permis d'amorcer un redressement de la situation économique et financière lorsque la France entre en guerre en septembre 1939.
La recherche de moyens financiers pour armer le pays devient alors la priorité. La valeur du franc chute à nouveau au début de 1940. La Banque de France organise, avec le concours de la marine nationale, l'évacuation outre mer de son stock d'or. Mais le pire reste à venir.

De nouvelles pièces de 50 centimes, 1 franc et 2 francs font leur apparition. La francisque de l'Etat français y est gravée dans l'aluminium et la nouvelle devise Travail, Famille, Patrie remplace la devise républicaine Liberté, Egalité, Fraternité.

 

 

Le changement d'idéologie politique ne se traduit pas de façon aussi manifeste dans les billets créés par la Banque de France à la même époque. L'évocation des valeurs du travail et de la famille apparaît certes sur certains billets comme les coupures de 10 et 20 francs. Mais ces illustrations s'inscrivent d'une certaine manière dans le prolongement de la thématique des métiers apparue au cours de la Première Guerre Mondiale et que l'on retrouvera encore sur le billet de 100 francs mis en circulation en 1947.

On notera enfin la création en 1942, à un moment où la France occupée est coupée de ses colonies, d'un billet de 5000 francs faisant l'allégorie de l'Empire français. Cette coupure ne fut cependant mise en circulation qu'en 1945.

 

Avec la défaite militaire, la France se voit imposer un véritable diktat monétaire. Le franc devient une monnaie satellite du mark : il lui est lié par une parité fixe de 20 francs pour un Reichsmark, taux hautement avantageux pour l'occupant puisqu'on estime qu'un taux raisonnable aurait été de 11 ou 12 francs pour un mark. Grâce à un tel taux de change spoliateur, mais aussi à d'autres dispositions, les Allemands organisent avec méthode et efficacité la ponction sur l'économie française. De son côté, la politique des finances publiques laisse croître fortement la dette (multipliée par environ 3,5 entre 1940 et 1944) dont une partie non négligeable est constituée en avances de la Banque de France.

Signe des temps difficiles que traverse le pays, les monnaies métalliques de faibles valeurs (modèle gravé par Lindauer) sont frappées en zinc. C'est dans le même métal que sont fabriquées les nouvelles pièces de 10 et 20 centimes de l'Etat Français. Le fer sera même utilisé pour la pièce de 20 centimes.

 


20 centimes Etat français en zinc
© www.cgb.fr

 

 


5 francs Pétain
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1 franc à la francisque
© www.cgb.fr
Illustration complémentaire
En outre, et pour la première fois depuis la chute du Second Empire, une monnaie est frappée à l'effigie du chef de l'Etat : il s'agit d'une pièce de 5 francs en alliage de cuivre et nickel gravée par Lucien Bazor. Mais cette pièce ne circulera pas.

 

 

 

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Recto du billet
de 10 francs
"Mineur"
type 1941
© www.cgb.fr

 

 

 

Verso du billet
de 20 francs "Pêcheur"
type 1942
© www.cgb.fr

 

 

 

 

 

Un usage détourné du billet...

Le billet de 20 F "Pêcheur" se prêtait à un montage particulier : une figure d'Hitler, découpée dans un timbre-poste, était habilement glissée derrière la corde pour donner l'impression que le pêcheur était en train d'étrangler le dictateur.

Ces billets "aménagés" furent apportés par des soldats américains débarqués en France. L'un d'eux a inscrit sur l'exemplaire ci-contre une dédicace à une jeune française.