La nécessité de gagner et de conserver la confiance des porteurs de billets de banque a conduit à un effort permanent d'adaptation et de renouvellement des techniques de fabrication pour déjouer les tentatives des faussaires. Mais la création d'un billet n'est pas seulement une entreprise technique. Un souci esthétique a toujours animé les concepteurs des billets.
L'apparition de la polychromie a marqué un tournant dans l'art du billet. Par le choix des sujets (thèmes patriotiques, allégories, métiers, personnages historiques), on souhaite transmettre un message de cohésion nationale. A la différence des monnaies métalliques, la référence au pouvoir politique du moment est absente de ces illustrations.
Le billet est conçu comme une oeuvre d'art. Parmi les nombreux artistes qui apportèrent leur concours à ces créations, Sébastien Laurent et Clément Serveau furent, entre autres, les auteurs de riches allégories. Lucien Jonas exalta les vertus quotidiennes dans ses maquettes de métiers. Il faudrait encore citer, dans une liste non exhaustive, les noms de Poughéon, Lefeuvre, Lambert ou Fontanarosa, créateurs de coupures à l'effigie de grands hommes.

Jeune
femme symbolisant la France
sur le billet de 5000 francs type 1942 "Empire français",
peint par Serveau
La conception artistique des billets fait l'objet d'études préparatoires dont la réalisation peut être confiée à plusieurs artistes. Le modèle définitif que connaîtra le public cache parfois des oeuvres interprétant le même thème dans des styles bien différents.
C'est ainsi que le Victor Hugo âgé placé devant le Panthéon sur le billet de 500 francs type 1953, aurait pu apparaître jeune devant l'ermitage des Feuillantines si le projet de Serveau n'avait pas été préféré à celui de Lefeuvre.